L’acrobatie d’un coté
; la cascade de l’autre, deux mondes complémentaires
que vous allez côtoyer sur ce site ; univers sur lesquels
nous lèverons les rideaux du mystère.
L’acrobatie dans le
domaine des sports mécaniques : C’est la phase numéro
un ; celle qui vous conduira à la connaissance des numéros
d’équilibre. Nous aborderons également sur ce site la
cascade, ses numéros de choc cette violence à l’état
pur que les professionnels maîtrisent. Vous saurez que la vie
d’un cascadeur l’amène chaque jour à repousser plus
avant les barrières de l’impossible, qu’il doit être
doté d’une extraordinaire dextérité, de réflexes
exceptionnels et d’un rare courage. Vous vous apercevrez que la cascade
n’est pas un gymkhana, ni une course de vitesse. Contrairement aux
épreuves de rallyes, aux grands prix en circuit ou les pilotes
se battent contre le "chrono ", elle ne désigne
aucun vainqueur. Le cascadeur n’est jamais un gagnant ; il lutte contre
des lois physiques et un danger quotidien pour tout simplement, réaliser
ce que les autres hommes ne parviendront jamais à concrétiser.
Le cascadeur porte en lui les rêves de son public. S’il l’acclame,
il réclame toujours plus. Cet homme fort ne doit pas, ne peut
pas le décevoir. Cette réalité ne date pas de
aujourd’hui. L’historique même de la cascade automobile nous
le prouve facilement.
C’est à CHICAGO
aux ÉTATS UNIS en 1933 que germait l’idée de spectacle
; dans l’esprit d’un adepte de l’automobile, doublé d’un coureur
de renom BARNEY OLDFIELD. A cette époque, pour les besoins
d’une grande firme américaine, il devenait l’organisateur,
non pas d’un spectacle, mais d’une manifestation destinée à
démontrer les qualités de certaines marques. Afin de
prouver que ces voitures étaient à la fois rapides,
nerveuses solides, elles furent utilisées dans les conditions
les plus sévères par des pilotes qui n’étaient
en fait, que les essayeurs officiels de sociétés de
la région de DETROIT. Cette manifestation, un " test technique "
en l’occurrence, ne tint pas compte, au début, des retombées
qu’elle pouvait occasionner auprès d’un public, de l’émotion
qu’elle pouvait susciter, du " spectacle " qu’elle
pouvait entraîner. Cette réalité n’apparut que
plus tard, pour un des pilotes, EARL TETER, qui ne tarda pas à
être convaincu que ce genre de démonstration pouvait
intéresser les foules. TETER possédait au départ,
toutes les qualités du "Stunt-men" en fait, la doublure de
cinéma ou quiconque dans sa profession effectue des actions
particulièrement dangereuses ; ancien boxeur, taillé
en athlète, le risque n ‘était pas pour lui déplaire,
surtout ce qui était nouveau. Après l’expérience
de CHICAGO, il organisera pour son propre compte des démonstrations
de cascades qui connurent un succès remarquable. D’autant plus
remarquable qu’à cette époque, la crise économique
sévissait aux ÉTATS UNIS, ce qui ne manquait pas d’affecter
la vie du spectacle... Sa fin fut tragique. En 1942 juste avant son
départ pour le front, EARL TETER payait de sa vie cette passion
pour la cascade. Devant un public militaire, il trouvait la mort au
cours d’un spectacle organisé au profit de la marine de guerre
américaine. L’idée était lancée. Les admirateurs
du regretté TETER devinrent ses successeurs. Aux U.S.A. le
clown JIMMY LINCH, un ancien du cirque et du music-hall, prit la relève.
En FRANCE, Jean SUNNY,
camelot de profession fut on ne peut plus impressionné par
ces américains débordant de cran et de vigueur. En 1954,
à bord de sa voiture personnelle, il réalisait pour
l’hexagone, les premiers numéros d’acrobatie automobile. Une
nouvelle technique était crée. S’il a gravi depuis,
les marches du succès, nombreux sort ceux qui se souviennent
de cette année 59 ou SUNNY descendait les Champs-Elysées
pour la première fois au volant d’une voiture en équilibre
sur deux roues. Son impact fut international ; d’autres français
le suivirent dans cette voie proposant cette fois des spectacles bien
plus élaborés, plus complets. Ce fut le cas en particulier,
des équipes LEGRIS ? BATAILLE ect...
Mais sur le livre d’or
de la cascade, celui qui aura gravé les pages les plus nobles
restera sans doute GIL DELAMARE, le cascadeur né, le cascadeur
type. Du saut en parachute, au plongeon auto dans la Seine, en
passant par l’acrobatie en avion, DELAMARE fut plus qu’un simple professionnel
du risque ; sans doute ne pouvait-il vivre que face au danger. En
1966, alors qu’il tournait un film pour le metteur en scène
CHRISTIAN JAQUE, sa décapotable se retournait ; GIL DELAMARE
restait prisonnier à jamais de cet enchevêtrement de
tôles, qui sans doute ne pouvait représenter pour lui,
que le seul et unique linceul.
La cascade, depuis a
grandi. On ne sait d’ailleurs pas ou s’arrêtera cette crise
de croissance. Aux ÉTATS UNIS, la cascade permet désormais
l’élaboration de fabuleuses organisations publicitaires. Le
monde de l’informatique en 72 s’est emparé de cette discipline
sportive créant "l’astro-spiral " étonnante et
merveilleuse action réglée par ordinateur. Une voiture
s’élance d’un tremplin, effectue un tonneau dans les airs,
pour venir atterrir en douceur sur un autre tremplin. Ce numéro
présenté pour la première fois en public le 14
janvier 1972 au centre expérimental de HOUSTON restera le fruit
des recherches du savant RAY MAC HENRY responsable des laboratoires
aéronautiques de l’université de CORNELL dans l’état
de NEW YORK. Ces laboratoires étudient depuis des années
le comportement technique d’une voiture quittant subitement la route,
ils élaborent des prototypes, en fait, ils concilient l’étude
automobile et celle de la cascade. Peut-on dire pour autant que les
spectacles de cascades seront régis par ordinateur et que I’
homme sera remplace par quelques boutons et manettes ?
Certes pas : vous
le comprendrez en consultant ce site. Rien ne saurait se substituer
au cascadeur, à cet homme doué de réflexes, de
connaissances techniques et pratiques résultant de milliers
d’heures d’entraînement, à cet homme fait tout à
la fois de témérité et de rêves, à
cet homme toujours courageux jamais casse-cou, soucieux de vivre le
plus longtemps possible pour et par la cascade...